18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 14:57
Seth Guede koko à propos de la présidentielle d’octobre : « Affi, Banny, Essy et KKB ne sont pas valables face à Ouattara »

La dernière interview accordée par Seth Guede Koko, consultant et expert en stratégie diplomatique à l’intelligent d’Abidjan remonte à janvier 2012. Trois ans après, il se confie à nouveau et en exclusivité à l’I.A pour faire le bilan de ses années de silence pendant lesquelles il a travaillé, dans l’ombre, au retour d’une paix durable en Côte d’Ivoire. Du processus de réconciliation à l’élection présidentielle d’octobre 2015, Seth Guede Koko décortique l’actualité de son pays, la Côte d’Ivoire, les candidatures annoncées de certains opposants au Président Alassane Ouattara. Il profite aussi de l’interview ci-dessous pour répondre à certaines rumeurs faisant état « désamour » entre Alassane Ouattara, la France et la communauté internationale.

Cela fait un bon moment que vous n’avez fait aucune apparition publique. Quelle est la nouvelle actualité de Seth Guédé Koko ?

Seth Koko est un Ivoirien qui travaille, comme l’ont souhaité les nouvelles autorités ivoiriennes. Je travaille dans l’ombre avec mon cabinet de consulting pour la Côte d’Ivoire. Mon cabinet est spécialisé dans la stratégie diplomatique et politique et nous intervenons aussi bien en France qu’en Afrique. Au niveau de la politique, nous essayons, à notre façon d’œuvrer pour une paix durable en Côte d’Ivoire, mais surtout dans les régions Krou (groupe ethnique de l’Ouest ivoirien) qui ont été endoctrinées par le système Laurent Gbagbo. Nous intervenons depuis juillet 2012 jusqu’à maintenant dans ces régions pour apaiser les populations, les fédérer autour de l’action du Président Alassane Ouattara. Bientôt toutes les actions que nous avons menées seront officialisées pour que les uns et les autres comprennent que ce ne sont pas tous les Krou qui sont des pro-Gbagbo ou qui sont acquis à la cause de Laurent Gbagbo. Il y a aussi des Krou qui sont des pro-Ouattara, qui sont pour la République, qui aiment la Côte d’Ivoire et qui souhaitent qu’elle soit dirigée par un Président rigoureux. Ce sont ces personnes que nous avons fédérées dans l’ombre.

Etes-vous satisfait de ce travail en termes d’apaisement et de paix durable en Côte d’Ivoire ?

Je suis satisfait. Nous avons eu des consultations avec les chefs traditionnels, les décideurs des régions du Gôh, de San-Pedro et du Haut-Sassandra. Nous avons parcouru toutes ces régions en toute discrétion pour parler avec les populations pour leur faire comprendre que Laurent Gbagbo n’est plus le Président de la République de Côte d’Ivoire. Il y a de nouvelles autorités et leur devoir, c’est de soutenir ces nouvelles autorités, ouvrir leurs territoires pour que le pouvoir actuel puisse travailler. Et ce travail est visible à Gagnoa, Lakota, Daloa… Le Président Ouattara est en train de travailler dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire et il n’y a plus d’opposition à ses actions. Or dans le temps, il nous a été donné de voir des personnes détruire le bitume avec des pioches à Yopougon, parce qu’ils ne voulaient pas que le Président Ouattara travaille à Yopougon. Nous avons discuté discrètement avec ces personnes pour que nous puissions obtenir une vraie paix en Côte d’Ivoire. Je suis donc satisfait, mais il nous faut maintenant officialiser nos actions pour que les personnes issues des régions du Gôh, de San-Pedro et du Haut-Sassandra qui ont adhéré au message que nous avons véhiculé puissent se faire entendre publiquement.

Le Président Ouattara est annoncé dans la région du Gôh, région natale du président Laurent Gbagbo, mais il y a quelques réticences au sein des populations. Est-ce à dire que votre message n’a pas été bien perçu par les populations de cette région ?

Personne n’est réticent. C’est plutôt une propagande des pro-Gbagbo, des opposants au Président Ouattara qui veulent faire croire au monde entier qu’il y a encore des réticences à Gagnoa, que les populations ne veulent pas voir le Président de la République. Ce n’est pas vrai parce que les populations que nous avons rencontrées attendent de voir eux-mêmes le Président Ouattara. Il pose des actes partout en Côte d’Ivoire allant dans le sens du développement, elles attendent qu’il vienne vers elles pour leur dire ce qu’il a fait et ce qu’il compte faire les années à venir. Et le Président Alassane Ouattara sera à Gagnoa dans les jours à venir et vous verrez que les populations l’attendent impatiemment parce qu’elles ne sont plus dans une logique de défiance de l’autorité de l’Etat. Les populations de Gagnoa ont vraiment besoin du Président Ouattara pour profiter du développement. Quand Gbagbo était au pouvoir, il n’a rien fait pour la région du Gôh, encore moins pour les autres régions où vivent les Krou. La Côte d’Ivoire était divisée, mais il n’y avait pas de crise dans les régions du Gôh, de San-Pedro et du Haut-Sassandra. Pourtant, il n’a rien fait pour ces régions. Aujourd’hui avec l’arrivée du Président Ouattara, ces régions bénéficient des travaux de développement. Dès que le Président Ouattara a été élu, sa priorité était de terminer l’hôpital de Gagnoa et il l’a fait. Le Président de la République a un projet pour toutes les régions Krou, mais il faut aussi qu’il se décide à prendre les choses en mains.

Quel est l’acte fort que vous souhaiteriez, en tant que Bété, donc Krou, que le Président Ouattara pose au cours de sa visite ?

Il n’y a pas d’acte particulier. Je suis pour ceux qui planifient et qui travaillent pour tout le monde. Gagnoa n’est pas une zone d’exception, c’est une commune qui fait partie de la Côte d’Ivoire. Lorsque le Président Ouattara sera à Gagnoa, nous souhaitons qu’il puisse mettre en œuvre le programme qu’il a prévu pour cette commune et pour la région. Nous ne demandons rien de spécial au Président de la République. Ceux qui croient que Gagnoa est une ville particulière qui doit profiter plus que les autres villes se trompent. Je suis pour un partage équitable à travers toute la Côte d’Ivoire. Nous voulons que le Président Ouattara réalise ce qu’il a prévu pour Gagnoa et la région du Gôh. C’est sur ce volet que nous l’attendons parce que notre souhait c’est que Gagnoa soit considérée comme une partie de la Côte d’Ivoire.

Mais, l’un des souhaits des populations de cette région, c’est le retour de l’ex-président Laurent Gbagbo. Elles veulent qu’il revienne pour booster le processus de réconciliation. Qu’en pensez-vous ?

La réconciliation est un processus qui a commencé sous le président Laurent Gbagbo. La réconciliation contribue à construire un pays dans la paix, mais la réconciliation dont ces populations parlent ne pourra pas construire la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas parce que le président Gbagbo va revenir à Gagnoa que la Côte d’Ivoire va se développer, que les caciques du régime Gbagbo vont se calmer, qu’ils vont arrêter de faire des marches ou planifier des coups d’Etat ou des coups de force contre Ouattara. C’est un leurre que de penser cela. Monsieur Gbagbo a été Président de la République de Côte d’Ivoire, il a posé un acte qui n’a pas été correct, il y a eu des morts sous sa gouvernance. C’est pourquoi il est à La Haye. Je suis contre le fait qu’un fils de la Côte d’Ivoire soit en prison hors de son pays, quel que soit ce qu’il a fait. J’aurais voulu que Gbagbo soit en Côte d’Ivoire, mais le Président Ouattara n’a pas été le seul à décider. Il a subi des pressions de la Cour Pénale Internationale (CPI) et de la communauté internationale. Laurent Gbagbo est déjà à La Haye, nous allons œuvrer pour que le Président Ouattara fasse en sorte que Laurent Gbagbo revienne, mais il faudrait que les gens comprennent que quand on a tué, il faut qu’on aille en prison. C’est pourquoi j’estime que ce retour ne doit pas être une condition pour la réconciliation.

L’actualité politique nationale est marquée par l’élection présidentielle dont la date a été fixée au 25 octobre 2015. Le Président Ouattara a déposé son dossier de candidature, mais bien avant, il a été investi par le RHDP après l’Appel de Daoukro lancé par le président Bédié. Quel est votre commentaire sur cet appel de Daoukro ?

Je remercie le président Bédié d’avoir eu l’idée de demander aux militants du PDCI de soutenir la candidature du Président Ouattara. C’est vrai, il y a eu des différends entre le président Bédié et le Président Ouattara dans le temps, mais à mesure qu’on prend de l’âge, on gagne en sagesse et cet appel est un signe de sagesse de la part du président Bédié. Si Bédié avait décidé que le PDCI ait un candidat et que tous les autres partis aient leurs candidats, la Côte d’Ivoire se serait encore réchauffée comme en 2010. Mais, les gens ne voient pas cela. Leur seule ambition c’est d’être Président de la République. Mais la seule personne qui peut faire ce travail correctement à l’heure actuelle, c’est le Président Ouattara. Il est en train de faire un travail comme Houphouët le faisait. Dans ces conditions, on ne peut que lui demander de faire un second mandat pour qu’il puisse terminer ce qu’il a commencé. Il a droit à deux mandats, pourquoi des gens peuvent s’opposer à ce que Bédié soutienne cette action ? En plus, il y a de grands projets qui attendaient d’être réalisés, mais en seulement trois ans le Président Ouattara les a réalisés et il est en train d’envisager de réaliser après l’élection, le reste de son programme de gouvernement qu’il n’a pas pu réaliser. Il faut être foncièrement méchant pour dire qu’on ne veut pas de lui, quand bien même il travaille. Tous ceux qui veulent être candidats en 2015 n’ont pas la même machine économique et relationnelle dont dispose le Président Ouattara pour diriger la Côte d’Ivoire. Je pense que l’Appel de Daoukro est un appel sage, parce que ceux qui auraient pu se taper dessus sont aujourd’hui rassemblés. La Côte d’Ivoire est apaisée, on va aux élections, mais le Président Ouattara n’a pas de candidats en face de lui. Nous irons paisiblement aux élections et le Président Ouattara gouvernera encore la Côte d’Ivoire pendant cinq ans.

Il y a pourtant des poids lourds comme Affi N’guessan, Banny, Essy Amara, qui ont annoncé leur candidature…

Il n’y a pas de poids lourds en face de Ouattara. Pascal Affi N’guessan n’est pas un poids lourd, au contraire, c’est un poids très faible. Quel programme peut-il proposer aujourd’hui à la Côte d’Ivoire ? Il a été Premier ministre de Gbagbo, mais il ne peut pas gouverner la Côte d’Ivoire. Quand il discutait avec les membres du panel des chefs d’Etats de l’Union africaine, il disait qu’il irait jusqu’au bout. Des milliers d’Ivoiriens sont morts par la suite et aujourd’hui il veut être Président de la République. C’est pour ramener une nouvelle guerre dans deux mois ? Il n’est pas un poids lourd devant Ouattara, Charles Konan Banny non plus. On ne devient pas poids lourd parce qu’on a créé une coalition dénommée CNC. Une mission a été confiée à Banny, il ne l’a pas terminée, il n’a pas réussi. Quand on veut être Président de la République, il faut avoir du courage, la volonté et un projet de société. Des gens avaient demandé à Banny d’être candidat aux élections et de démissionner de la CDVR. Mais il a refusé et aujourd’hui il veut être Président de la République. Avec quel projet de société, quelle équipe et quelles relations ? Essy Amara est une personnalité qui est beaucoup respectée en Afrique, malheureusement il a joué au gamin. Essy Amara ne devait même pas songer à se présenter à l’élection présidentielle parce qu’il n’a pas les moyens de gouverner la Côte d’Ivoire. Son projet de société c’est réconcilier les Ivoiriens, mais ce n’est pas cela qui peut construire la Côte d’Ivoire. Tu peux réconcilier les Ivoiriens, mais si tu n’as pas de relations pour t’aider à financer tes projets, tu ne pourras rien faire. Quand on veut diriger un pays, il faut avoir la mainmise sur toute une armée. Notre armée est très difficile à gérer à l’heure actuelle. Monsieur Essy Amara ne peut pas gouverner la Côte d’Ivoire, il n’est même pas connu à Tiassalé. J’aime Essy Amara, mais je lui conseille de ne pas se présenter, parce que personne ne va voter pour lui. Il n’a pas de poids, il ne s’est pas fait connaître et en trois mois, il veut être Président de la République. Sur qui compte-t-il ? KKB est un jeune, il parle bien, il a du courage, il a défié le président Bédié, mais il n’a pas de projet de société, ni la machine qu’il faut au niveau financier... Il ne peut pas maîtriser l’armée de Côte d’Ivoire. S’il est élu Président demain, l’armée va se disperser. On ne suit pas quelqu’un parce qu’il est beau, il parle bien, donc on lui donne le pouvoir. Nous l’avons fait les années passées, cela ne nous a rien donné. C’est pourquoi nous n’allons pas donner la Côte d’Ivoire à quelqu’un qui n’a pas les coudées franches pour diriger. Toutes ces personnes ne sont donc pas valables.

Comment la candidature de M. Ouattara est-elle perçue au sein de la communauté diplomatique ?

Je lis souvent sur Internet que M. Ouattara aurait été lâché par la France ou par la communauté internationale. Que les gens arrêtent de se leurrer.Alassane Ouattara n’a aucun problème dans sa politique diplomatique. Au contraire, la communauté internationale le préfère au pouvoir en Côte d’Ivoire qu’une personne qui peut tout détruire. Des gens ont fait d’importants investissements en Côte d’Ivoire, ils ont besoin de les protéger et de les rentabiliser dans un pays stable. M. Ouattara a nommé de nombreux ambassadeurs à travers le monde, de sorte qu’aujourd’hui, il fait partie des chefs d’Etats les plus consultés. Il n’a donc pas de problème au plan international. C’est pourquoi je dis aux uns et aux autres de se calmer. Alassane Ouattara ne quittera pas le pouvoir avant la fin de son second mandat. Quand il sera élu, il sera soutenu et quand il aura un problème, il sera toujours soutenu parce qu’il est la meilleure personne qu’il faut pour gouverner la Côte d’Ivoire. Que ceux qui disent que M. François Hollande veut une transition en Côte d’Ivoire aillent bien lui demander s’il n’est pas d’accord que Ouattara soit au pouvoir. La communauté internationale est à cent pour cent derrière Ouattara.

Le débat sur l’éligibilité du Président Ouattara est-il encore d’actualité, selon vous ?

Pas du tout ! On ne peut pas demander à quelqu’un qui est détenteur du pouvoir de céder sa place. Si les membres de l’opposition estiment que M. Ouattara n’a pas bien travaillé, qu’ils aillent aux élections avec lui. Ce sera un référendum qui aura lieu directement dans les urnes. Si le Président Ouattara n’est pas élu, cela voudrait dire que le peuple n’est pas d’accord avec le fait qu’il soit candidat. Ce sera une réponse à la question de l’éligibilité et cela éviterait l’organisation d’un référendum pour l’article 35 de la Constitution ivoirienne.

Est-ce vous pouvez garantir qu’après l’élection présidentielle d’octobre 2015, la Côte d’Ivoire ne replongera pas dans une crise, comme ce fut le cas en 2010 ?

Tant que Alassane Ouattara sera Président de la République de Côte d’Ivoire, la guerre sera très loin de nous. Il ne dort pas, il planifie et réalise ce qu’il planifie. Il contrôle la sécurité du pays nuit et jour. Il s’est donné les moyens de contrôler la sécurité de la Côte d’Ivoire. Quand il a été élu, il y a eu des tentatives de coups d’Etat qui ont échoué. Après son élection le 25 octobre 2015, la Côte d’Ivoire sera encore plus sécurisée qu’avant parce qu’il va vers le perfectionnement de notre armée. Je ne vois personne capable de réussir un coup d’Etat contre Ouattara, parce qu’il a un système de sécurité renforcé et professionnel. Alassane Ouattara est très rigoureux, contrairement à ceux qui étaient là avant lui et c’est cette rigueur qui est gage de stabilité. Quand un Président de la République passe son temps à dormir, il se réveille le matin avec un coup d’Etat sur le dos. Ils n’ont pas nommé des personnes capables de garantir la sécurité et la stabilité du pays. Alassane Ouattara le fait aujourd’hui et après son élection, la Côte d’Ivoire demeurera dans la paix et la sécurité.

Que pensez-vous de la composition de l’équipe de campagne du Président Ouattara ?

Les personnes qui ont désigné ont déjà mené la campagne en 2010 et ils ont gagné et l’adage dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne. MM. Amadou Gon Coulibaly et Ahoussou Jeannot ont été nommés dans le cadre du RHDP et je pense qu’ils ne pourront que réussir leur mission. Mais ce ne sont pas forcément ceux qui sont à la tête qui font gagner un candidat. Si le Président Ouattara n’avait pas encore gouverné, on aurait pu compter sur des personnes pour le faire gagner l’élection présidentielle de 2015. Mais c’est le bilan du Président Ouattara qui va le faire réélire. Il a posé des actes concrets et il est le seul à l’avoir fait après le président Houphouët-Boigny. Il a réalisé de grands projets et ces projets plaident en sa faveur. Je pense que l’équipe de campagne qui a été mise en place est complémentaire.

Voulez-vous dire que le Président Ouattara peut dormir sur ses lauriers ?

Je suis stratège diplomatique et politique, je suis également spécialisé en relations d’investissements internationaux. Je suis convaincu que les Ivoiriens vont élire Ouattara parce qu’il a fait un travail. Je ne dis pas que Ouattara est mieux que tout le monde sur terre, mais après le président Houphouët-Boigny, je n’ai pas encore vu un Président de la République qui a fait ce que le Président Ouattara a fait. Il y a le troisième pont qui a coûté des centaines de milliards de FCFA, il y a le pont de Jacqueville, celui de Bouaflé, l’autoroute du Nord, l’autoroute de Grand-Bassam… et peu importe les commentaires que les gens peuvent faire. Tous ces chantiers ont été réalisés par le Président Ouattara et il avance. Il est positif dans tout ce qu’il fait. C’est vrai qu’il y a des mécontents, on peut le critiquer, mais il faut reconnaître le travail qu’il fait.

Il est de plus en plus question de l’émergence de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2020, quelles sont, selon vous, les conditions pour atteindre cette émergence ?

Ce n’est pas facile d’atteindre l’émergence, c’est vrai. Mais dans un premier temps, il faut faire comprendre à l’Ivoirien qu’il n’y a que le travail qui lui donnera la réussite. C’est cette mentalité que le gouvernement est en train d’inculquer aux uns et aux autres. Quand l’école devient obligatoire, cela fait partie de l’émergence ; quand on fait en sorte que les matières premières soient vendues avec une certaine qualité, cela fait partie de l’émergence ; quand on fait en sorte que le Port d’Abidjan devienne compétitif en Afrique, cela fait partie de l’émergence. Le Président Ouattara est en train de faire en sorte que les Ivoiriens comprennent qu’ils n’atteindront l’émergence que dans la paix, le respect de l’Etat et de ses règles. C’est pourquoi, il faut faire comprendre à l’opposition que tant qu’elle restera dans une position de belligérance, de violence en présentant le retour de Laurent Gbagbo comme condition de la paix en Côte d’Ivoire, ils n’auront pas leur émergence. Le Président Ouattara est sur cette voie et la Côte d’Ivoire va atteindre cette émergence en 2020. Mon souhait c’est que Laurent Gbagbo revienne en Côte d’Ivoire au milieu du second mandat du Président Ouattara pour voir comment on gouverne un pays et comment Alassane Ouattara a pu développer la Côte d’Ivoire. Qu’il vienne pour voir tout ce que le Président Ouattara a réalisé en moins de dix ans. Un Président de la République pose des actes, il ne passe pas son temps à bavarder à longueur de journée.

Réalisée par Olivier Dion L'Intelligent d'Abidjan

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:36

Seth Guédé Koko, homme d’affaires et consultant diplomatique, est définitivement rentré en Côte d’Ivoire, au terme d’un exil volontaire de trois ans sur les bords de la Seine en France pour apporter sa pierre à l’édification de la nouvelle Côte d’Ivoire. Le fondateur de l’Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne (ACSCI), très actif sur Internet pendant la crise postélectorale veut tourner la page de la guerre.

pic 2 interview 27 dec 2011

Vous êtes de retour dans votre pays, la Côte d’Ivoire, après plusieurs années d’exil. Quelles sont les raisons profondes qui vous ont poussé à partir ?

Depuis le début de la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire en 2002, je m’étais impliqué à travers le dialogue. Mais le règlement du conflit a mal tourné et cela m’a obligé à quitter le pays parce que ma vie était menacée. J’avais un accord avec le président Gbagbo, mais cet accord n’a pas été respecté par lui et son entourage. Ma vie était menacée et à un moment donné, je devais quitter la Côte d’Ivoire et je suis allé en France.

Aviez-vous un problème particulier avec le président Gbagbo et son régime ?

Je n’avais pas de problème particulier avec le président Gbagbo lui-même, mais j’avais un problème avec sa façon de travailler. La politique qu’il avait mise en place en Côte d’Ivoire ne cadrait pas avec mes convictions. Je le lui ai fait savoir, mais il n’a pas écouté. J’ai demandé à ce que Laurent Gbagbo soit plus sage dans sa gestion de la Côte d’Ivoire, qu’il soit plus diplomate et plus pragmatique dans la mise en œuvre de son programme. Malheureusement, il n’a jamais voulu travailler correctement, il y avait beaucoup de roublardise dans ses prises de positions. Je pense que la Côte d’Ivoire avait vraiment besoin de mieux que cela.

Pendant trois ans, vous avez été très actif sur Internet, vous avez même été l’un des premiers à réclamer une intervention de la France en Côte d’Ivoire lors de la crise postélectorale. Pourquoi ?

J’ai été très actif parce qu’il fallait que je m’implique dans le retour de la paix en Côte d’Ivoire. J’ai donc créé une organisation, l’Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne (ACSCI) pour donner mon avis, en tant que leader d’opinion sur la gestion de la Côte d’Ivoire. Il s’agissait pour moi de donner ma position sur le dialogue direct, d’accompagner les structures en charge du processus de réconciliation et celle chargée de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. Concernant l’appel que j’ai lancé aux présidents Sarkozy, Obama et au secrétaire général de l’ONU, le 3 mars 2011, pour qu’ils bombardent les chars de Gbagbo, je ne l’ai pas fait parce que j’en voulais à Laurent Gbagbo. Mais je pense que si cela n’était pas fait, la Côte d’Ivoire serait actuellement encore en guerre, les 20 millions d’habitants vivant sur le territoire allaient payer un tribut plus lourd. Il fallait donc faire un choix et moi j’ai choisi qu’on bombarde les chars d’assaut, les armes lourdes que détenaient M. Gbagbo et le reste de l’armée qui s’opposaient à la légalité.

linteligeantdabidjan_2430.jpgVotre retour avait été annoncé une première fois, mais la date a été repoussée, mais vous avez tenu à être chez vous en Côte d’Ivoire…

Effectivement et je voudrais avant tout remercier le président Ouattara et le ministre de l’Intérieur, M. Hamed Bakayoko, qui m’ont permis de rentrer au pays. A l’époque du président Gbagbo, tout le monde m’en voulait, mais le président Ouattara a créé un climat favorable à mon retour. Le ministre de l’Intérieur a fait ce qu’il fallait pour que je puisse rentrer. C’est le lieu pour moi d’inviter tous les Ivoiriens qui sont en exil à rentrer au pays. Ceux qui ne sont pas poursuivis par la justice internationale n’ont pas à avoir peur de rentrer. La Côte d’Ivoire est en chantier et j’ai moi-même fait le constat. Personne n’en veut à ceux qui sont en exil parce que ce sont des Ivoiriens qui ont eu peur à un moment donné. Qu’ils rentrent pour que nous puissions ensemble construire la Côte d’Ivoire et ramener définitivement la paix dans notre pays.

Huit mois après l’investiture du président Ouattara, quelles appréciations faites-vous de son programme d’actions, notamment au niveau de la relance économique, de la sécurité et de la réconciliation nationale ?

Le président Ouattara a effectivement prêté serment et a été investi, le 21 mai 2011. Je suis fier de moi parce que parmi ceux qui côtoyaient Gbagbo, j’ai été l’un des premiers à soutenir le président Alassane Ouattara. Pour nettoyer la Côte d’Ivoire, éloigner les Ivoiriens des maladies engendrées par les déchets toxiques ou les ordures ménagères, pour développer nos infrastructures, on n’avait pas besoin de plusieurs milliards de francs. Laurent Gbagbo avait reçu 5 milliards puis 50 milliards de FCFA de la Banque mondiale, seulement pour ramasser les ordures ménagères. Il n’a pas pu le faire, cet argent a été dilapidé. Le président Ouattara est une personne qui aime son pays et qui fait ce qu’il dit. Il n’est pas du genre à s’asseoir à la télévision pour rouler les gens dans la farine, les embobiner dans une histoire qui ne va les emmener nulle part. Je peux donc dire, à mi-parcours, que son bilan est satisfaisant et il est à encourager. C’est vrai qu’il n’a fait que huit (8) mois au pouvoir et qu’il y a beaucoup de choses à faire. La Côte d’ivoire sort d’une crise, il y a encore des Ivoiriens qui souffrent, mais les efforts du président Ouattara sont à encourager.

Le Chef de l’Etat a mis en place la CDVR dirigée par le Premier ministre Banny, mais d’aucuns disent qu’il n’est pas l’homme de la situation. Etes-vous de cet avis ?

M. Banny est une personnalité que je respecte et il peut apporter beaucoup à la Côte d’Ivoire. Mais tout dépend de la manière dont il se fait entourer et tout dépendra aussi de sa volonté à réussir la mission qui lui a été confiée. Il a été nommé par le Chef de l’Etat. Il lui appartient de faire mieux que ce que le Chef de l’Etat lui a demandé de faire. S’il a l’amour de la Côte d’Ivoire et qu’il veut que les Ivoiriens se réconcilient, c’est à lui de démontrer à tous les sceptiques, qu’il est capable de réaliser ce rêve, qui est le pilier de la réussite du pouvoir de M. Ouattara. Si le processus de réconciliation échoue, Banny aura échoué, mais c’est la Côte d’Ivoire qui aura échoué. Pour l’heure, je pense que Banny est l’homme de la situation, mais c’est à lui de le démontrer et j’aurai l’occasion très bientôt de faire des propositions dans ce sens.

L’un des faits majeurs de l’actualité, c’est le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale, à La Haye. Quels commentaires cela vous inspire ?

Je suis contre l’impunité. Quand on a dirigé ce pays et qu’on s’est rendu coupable de ce que vous savez, il est nécessaire que la justice intervienne. Il y a eu des morts en Côte d’Ivoire, ceux qui étaient autour de Gbagbo, de Ouattara ou de l’ex-rébellion et qui sont fautifs, doivent être poursuivis et punis. Il n’y a que de cette façon que les Ivoiriens comprendront qu’un pays doit fonctionner sur la justice. M. Ocampo dit qu’il sera impartial, nous attendons de voir.

La question de la sécurité préoccupe plus d’un Ivoirien, avec la violence constatée dans certaines localités. Que pensez-vous du comportement des FRCI ?

C’est effectivement un point assez sensible parce que la Côte d’Ivoire n’a pas une armée solidaire et totalement unifiée. La sécurité est encore fragile. A preuve, en l’espace d’une semaine, on dénombre près de dix (10) morts, résultat d’un conflit entre les FRCI et les populations, or les FRCI sont venues pour protéger les populations. Les FRCI sont des Ivoiriens censés protéger d’autres Ivoiriens, donc je condamne fermement leur comportement actuel et j’espère que le président de la République tapera encore plus sur la table pour que l’intérieur du pays soit sécurisé. Les populations ne sont pas encore à l’aise à l’intérieur du pays et je souhaite que le travail de sécurisation de l’ensemble du territoire soit fait, parce que les FRCI, avec le comportement qu’ils adoptent en ce moment, sont en train de ternir l’image du président Ouattara.

Que pensez-vous du taux de participation aux élections législatives du 11 décembre dernier?

Le taux de participation aux législatives est négatif, mais cela s’explique par le fait que les populations ont encore peur et dans ces conditions, elles ne peuvent pas sortir. Mais je félicite le Chef de l’Etat pour avoir maintenu la date du 11 décembre 2011 pour la tenue de ces élections législatives. On a organisé l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 après quatre reports et cela a donné le résultat que nous avons connu, parce que reporter des élections ne fait que prolonger les souffrances des populations. Le président Ouattara a décidé de maintenir la date, contrairement au souhait de certains, mais peu importe le nombre de personnes qui se sont déplacées pour voter. Il fallait doter la Côte d’Ivoire d’un parlement, qu’il se mette au travail pour reconstruire la Côte d’Ivoire.


Vous êtes rentré pour apporter votre contribution pour la reconstruction et la relance économique de la Côte d’Ivoire, comment entrevoyez-vous cette contribution ?

Je suis avant tout un homme d’affaires. J’investissais en Europe, j’ai l’intention d’investir en Côte d’Ivoire. Pour ce qui est de ma contribution au plan politique et diplomatique, il appartient aux autorités actuelles de décider. Mais je suis partant pour que l’économie ivoirienne reprenne.
Réalisé par Olivier Dion

L'intelligent d'Abidjan

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 15:12

seth koko à Abidjan 1L'appel du president Alassane OUATTARA a été entendu par nombre d'ivoiriens exilés parmi lesquels figure M. Seth KOKO, consultant diplomatique, Président de l'Alliance Citoyenne de la Societe Civile Ivoirienne (ACSCI), qui a decidé de mettre fin a 3 années d'exil en France. Il veut prendre une part active au processus de reconciliation et de reconstruction en Cote d'Ivoire et lance un appel a la jeunesse africaine au travail.

Seth KOKO lance un appel aux africains ''pour avoir son independance, il faut travailler''

 

  ACSCI: l'Alliance Citoyenne de la Société Civile Ivoirienne

 


 

 

 

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 12:34

HambakParisEn vacances en Hexagone, Hamed Bakayoko, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, ne se repose pas. Mardi, il a rencontré son homologue français Claude Guéant. De qui, il a pu obtenir du matériel pour la sécurisation du pays. Hier mercredi, il était l’invité de la chaîne France 24 pour évoquer la situation sécuritaire du p ays. Entretien.

France 24 : Cinq mois après la capture de Laurent Gbagbo, où en est-on aujourd’hui en Côte d’ivoire?
Hamed Bakayoko : Je vous remercie de l’opportunité. J’ai beaucoup de plaisir à vous retrouver dans vos studios après tout ce temps passé au ‘‘Golf’’. Ce que je peux dire, c’est que le retour à la normalité se passe très bien. La tendance est très bonne. Nous avons une progression qui défie ce qu’on a vu dans bien d’autres pays où il a fallu 18 mois pour atteindre le taux que nous avons atteint en quelques mois. Nous avons une reprise des forces de Police et Gendarmerie qui est effective. Avec un repli des forces militaires dans les casernes. Tout cela est un processus. Les gens souhaiteraient qu’on aille plus vite. Beaucoup a été fait mais nous reconnaissons aussi que beaucoup reste à faire.

France 24 : Beaucoup reste à faire. Dans quel domaine exactement ? Est-ce que c’est dans la confiance que la population peut avoir dans ces forces de sécurité en général ?
H.B. : Tout à fait. Dans la confiance. D’abord nous avons travaillé à travers un plan de lutte contre le racket pour faire en sorte que les populations retrouvent leur liberté. Aujourd’hui, vous pouvez interroger n’importe qui, à Abidjan, les gens vont et viennent sans les barrages, les tracasseries etc. tout cela a été réduit. Ensuite, faire en sorte que les gens soient libres dans leur domicile. Que nous puissions réduire le taux d’agression. Aujourd’hui, les agressions sont liées au niveau de réinsertion des forces militaires. Avec cette crise, il y a eu 20 000 combattants qui se sont volontairement engagés dans cette guerre de libération. Ils sont là et nous devons traiter leur cas. Nous avons le sentiment qu’on veut nous pousser à la faute, qu’on veut que cette affaire soit traitée dans la précipitation. Nous, nous avons un calendrier. Il faut d’abord les reprofiler, les identifier, intégrer ceux qui ont la qualité et la capacité d’être dans l’armée et trouver du travail, réinsérer dans la vie sociale ceux qui n’ont pu intégrer l’armée. Il faut que ce désarmement soit équilibré. Il ne faut pas faire quelque chose de rapide pour faire plaisir à l’opinion publique nationale et internationale. Et avoir ensuite un kyste qui sera un poids dans le développement du pays. Cette question est prise en charge. Elle est traitée par le programme national de réinsertion que dirige M. Daniel Ouattara. Le 2 septembre déjà, donc dans deux jours, on a la fin du reprofilage, c'est-à-dire la fin de l’identification. Ensuite, il va y avoir une affectation, une adaptation à l’évolution de la crise de ce programme global de désarmement.

France 24 : Il ne faut pas agir dans la précipitation, vous dites. Mais certaines organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent des exactions qui seraient commises encore par les forces de sécurité que ce soit les FRCI ou les policiers et les gendarmes. Il s’agit d’accusations très très graves. Qu’est ce que vous faites concrètement pour y mettre fin ?
H.B. : Ecoutez, nous avons créé une commission nationale d’enquête qui est indépendante et qui est à l’œuvre. La méthode du Président Ouattara c’est de ne pas rejeter du revers de la main toutes ces accusations. Nous les prenons en compte. Nous nous asseyons avec ces organisations et nous voulons avoir des preuves. Nous ne voulons pas tomber dans cette habitude de mettre dos à dos toutes les parties. Parce qu’on a dit que des mercenaires et miliciens pro-Gbagbo ont tué, alors, il faut trouver des tueurs chez Ouattara. Il y a eu des combats. comme il y a des combats aujourd’hui en Libye. Mais après, il y a un décompte. Nous avons la conviction que nos hommes ont fait des morts dans le cadre des combats. Parce que ces combats se sont poursuivis à PK-18, ces combats se sont poursuivis à Yopougon. Tout le monde le sait. Il y a à peine 5 mois. Si les enquêtes, si les éléments que rapportent ces ONG sont mis en évidence, nous prenons des mesures. Nous travaillons au quotidien avec ces ONG, nous ne fermons pas la fenêtre. Bien souvent, ils nous disent, ce sont des témoignages. Mais dans un contexte comme celui de la Côte d’Ivoire, si vous allez à Yopougon, visitez 5 familles pro-Gbagbo, elles vous diront qu’on a tué par ici et par là. Mais qu’est ce que cela prouve ? Nous voulons des preuves. S’il y a des preuves, nous prendrons des mesures.

France 24 : Mais il y a des charniers qui ont été découverts. Il n’y a pas d’ailleurs que les organisations de défense des droits de l’Homme, il y a la section des droits de l’Hommes de l’ONU qu’on ne peut accuser d’être particulièrement hostiles au camp d’Alassane Ouattara.
H.B. :Nous ne disons même pas qu’ils sont hostiles. Nous disons que nous recevons et nous voulons traiter en toute équité ces questions. S’il y a des preuves, des mesures seront prises. En fait, les gens sont pressés. Cette crise vient de finir. Il y a 5 mois. Vous savez dans quelles conditions. On vient de mettre en place des responsables de l’armée. La prison civile était fermée. On vient de la rouvrir. C’est maintenant que la plupart des grands commandements militaires font leur passation. Tous ces dossiers seront pris en charge. Que personne ne se méprenne sur notre volonté politique. La volonté politique affirmée par le Président de la République, c’est de faire de la Côte d’Ivoire un Etat de droit. Nous l’avons dit à nos hommes. Ceux qui seront coupables d’exactions, de crimes de sang seront traduits devant les tribunaux compétents.

France 24 : Vous avez rencontré cette semaine, le ministre français de l’Intérieur, votre homologue Claude Guéant. Est-ce qu’il y a des promesses concrètes qui sont sorties de cette rencontre ?
H.B. : Tout à fait. En dehors de la réactivation de la coopération dans toute sa composante, formation, assistance etc. Nous attendons une donation importante de la France à la mi-octobre. J’ai invité le ministre Guéant et qui a accepté de venir à Abidjan à la fin octobre. Nous allons recevoir plus d’une cinquantaine de véhicules roulants, du matériel de maintien de l’ordre. Parce que la Police et la Gendarmerie ont été dépouillées avec cette crise. Notre contrainte aujourd’hui, c’est que tous nos efforts, c’est pour remettre le pays à niveau. Pour repartir. En fait, notre calendrier c’est de tout faire d’ici la fin 2011 pour remettre les pendules à l’heure. Pour qu’en 2012, nous puissions entamer tout le programme de développement. Le pays commence à être en chantier. Nous avons bouclé le financement du 3ème Pont. Les travaux démarrent dès septembre. Le financement du Pont de Jacqueville a été également bouclé. La fin des travaux de prolongement de l’Autoroute du Nord etc. Voilà un pays qui est redevenu propre. Appelez à Abidjan et demandez. C’est un pays qui est plein d’espoirs. Le Président Ouattara va étonner le monde avec ce qu’il va faire de la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire peut offrir ce qu’il y a de mieux en Afrique.

France 24 : Monsieur le Ministre, je vous propose de revenir sur une affaire qui a fait polémique en France comme en Côte d’Ivoire. Le 23 août dernier, trois anciens officiers français qui travaillaient en Côte d’ivoire dans la sécurité disent avoir été enlevés, arrêtés de manière arbitraire. Pourquoi cette interpellation ?
H.B. : Simplement parce que ces personnes sont en relation avec une autre personne qui est sous surveillance. Il s’agit de M. Frédéric Lafont sur qui pèsent de lourds soupçons de collaboration avec le régime Gbagbo dans le cadre d’achats d’armes et de transport d’armes. Ces messieurs travaillaient pour lui. Ce monsieur est refugié au Togo. Et de là, il envoie des gens qui sont des ex-militaires français sur un territoire dans un contexte comme le nôtre. Un contexte très sensible. Nos hommes sont donc intervenus en urgence. Ils ont été entendus. La plupart sont retournés au Togo. C’est cela l’Etat de droit.

France 24 : Aucune charge n’a été retenue contre eux ?
H.B. : Pour le moment. Nous voulons bâtir un Etat de droit. Etre français ne vous met pas au-dessus de la loi en Côte d’Ivoire. Il faut que ce soit clair. Nous l’avons dit aux autorités ici. Ces messieurs le savent. L’ancien officier Chariot a travaillé à la formation de milices et du CeCOS. Il a travaillé avec Anselme Seka Seka qui était l’homme de main de Mme Gbagbo. Donc ces messieurs ne peuvent pas venir dans le contexte de la Côte d’Ivoire, sans informer les autorités, se promener avec une somme d’argent considérable. Sans qu’on ne le sache.

France 24 : Justement un des français a porté plainte pour vol notamment de cette somme d’argent. Est-ce que ce n’est pas inquiétant pour toutes les personnes, françaises comme ivoiriennes, qui ont collaboré avec le régime Gbagbo. Est-ce ça veut dire qu’elles peuvent être inquiétées à tout moment ?
H.B. :Non pas du tout ! Ça dépend de ce qu’on à fait. Il y a plein de gens du régime Gbagbo, des partisans au plus haut niveau, qui sont à Abidjan et qui circulent. Mais il y en a aussi qui savent ce qu’ils ont fait. On ne peut pas réconcilier sans la justice. Il y en a qui savent qu’ils sont passibles de poursuites devant les tribunaux pour crimes économiques, pour crimes de sang…On ne peut pas laisser passer. Il y a quand même eu 3000 morts. Les gens oublient vite. 3000 morts. Les français qui ont été enlevés puis tués. On ne peut pas passer cela sous silence. Ce n’est pas possible. Ce serait irresponsable et dangereux pour le pays.

France 24 : Ces hommes ont été interpelés par des membres de la garde républicaine dont le numéro 2 est le Commandant Wattao. Certains le critiquent et réclament même sa démission.
H.B. : Ecoutez, nous gérons tout cela avec sérénité. Les gens veulent nous créer des contradictions inutiles. En fait, on voit venir. On veut créer des contradictions pour que le Président Ouattara soit obligé dans la précipitation, de prendre des sanctions contre ceux qui l’ont soutenu. Afin de créer des contradictions en interne. Nous avons interpellé le Commandant Wattao. Il le sait. Il nous a informés, moi en tant que ministre de l’Intérieur, des éléments du dossier. Je l’ai autorisé à interpeller ces messieurs s’ils étaient en Côte d’Ivoire et les mettre à la disposition de la Police. Et c’est ce qu’il a fait.

France 24 : Donc le Président de la République Alassane Ouattara était également au courant ?
H.B. : Ce n’est pas sa responsabilité directe. J’étais informé.

France 24 : Le président Gbagbo a été inculpé le 18 août dernier pour crimes économiques. Ces avocats continuent de dénoncer la façon dont il a été interpellé, ils affirment que son statut d’ancien Chef de l’Etat n’a pas été respecté. Qu’est ce que vous répondez ?
H.B. :Gbagbo Laurent a été interpellé après des tirs à l’arme lourde dans un bunker. Il y était en chef d’opération militaire. Ce n’était pas un chef d’Etat ou un ancien chef d’Etat. Que les gens arrêtent de nier ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, d’insulter la mémoire récente des Ivoiriens. Nous le traitons du mieux que nous pouvons. L’ONU l’a confirmé. Tous ceux qui l’ont vu l’ont confirmé. Il est aux mains de la justice. La justice fera son travail en toute sérénité. Tout ce qui est arrivé à la Côte d’Ivoire, tous ces morts, tous ces crimes, Gbagbo est le premier responsable. C’est parce qu’il a refusé de donner le pouvoir qu’il y a eu tous ces problèmes. Donc, on ne peut pas être étonné qu’il soit inculpé.
Propos recueillis sur France 24 par
KIGBAFORY Inza

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Published by Seth KOKO - dans Les interviews
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 00:13

seth-koko-2.JPG. Ce qu'il a fait dans l'ombre pour l'ex-chef de l'Etat déchu

. Ses vérités au régime Ouattara et sur les FRCI

Il se réclame le père du dialogue direct interivoiriens dans la résolution de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire. Régulièrement présent dans son pays entre 2006 et 2008, M. Seth Koko s'est exilé à Paris pour des raisons, souligne-t-il, de sécurité. Depuis lors, ce natif de Guibéroua comme le leader de la Galaxie patriotique, Charles Blé Goudé, n'a eu de cesse de faire entendre sa voix sur Internet. Dans cet entretien qu'il nous a accordé par le même canal, ce jeune leader de la société civile fait de graves révélations et dit ses vérités sur la situation actuelle en Côte d'Ivoire.

M. Seth Koko, depuis plus de 3 ans vous vivez en exil en France. Qu'est-ce qui explique cet exil?

Avant tout, permettez-moi de remercier tous les frères et amis en Côte d’Ivoire qui m’ont aidé à survivre aux menaces de mort, aux tentatives d’enlèvement et autres violations de droits dont j’ai été victime durant l’année 2008, sous le régime Gbagbo. Merci également aux personnalités qui m’ont aidé à sortir de la Côte d’Ivoire alors que mes ennemis m’avaient fiché à l’aéroport d’Abidjan. Merci à la France qui m’a accueilli. Et enfin, merci à toutes les personnes qui croient en moi et qui ont bien voulu me soutenir financièrement afin que je tienne le coup jusqu’à ce jour. Pour revenir à votre question, je suis l’auteur du projet du dialogue direct interivoirien qui a ramené la paix dans notre pays de juillet 2006 à novembre 2010. Le ministre Bohoun Bouabré était le parrain de ce dossier auprès du président Gbagbo. Et c’est en reconnaissance à ce service rendu à la nation que j’ai été invité en janvier 2008 par le ministre d’Etat, ministre du plan et du développement d’alors, à occuper le poste de conseiller diplomatique du Gouverneur de la BCEAO. Souvenez-vous, M. Bouabré était en ce temps le favori de l’ex-président Laurent Gbagbo, pour ce poste. Une fois à Abidjan, je me suis mis à la disposition du ministre, qui malheureusement n’avait finalement pas été retenu pour la gouvernance de la Banque centrale. Après cet échec, me recevant le 7 février 2008 à son cabinet de l’immeuble SIAM au Plateau, M. Bohoun me propose le poste de directeur général de la TICAD Côte d’Ivoire (la conférence internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique). Pour cela, il m’a demandé de rentrer définitivement en Côte d’Ivoire avant la fin du mois de mars de la même année. Il était convenu que je rentre le 9 mars, après mon parrain Bouabré qui lui devait rentrer d’un autre voyage aux USA, le 2 mars 2008. Il m’avait promis que le décret de ma nomination serait signé par Laurent Gbagbo, et rendu public le 5 avril au plus tard. J’ai donc répondu à l’exigence du ministre et je suis rentré au pays le 16 mars 2008. Le 17 mars à 20 heures, il m’a reçu à son domicile et nous avons convenu d’une séance de travail à son cabinet du Plateau, pour le 18 mars à 11h30. Le jour de l’audience, je me rends à son cabinet où il me trouve l’excuse du Conseil des ministres qui se tenait dans l’heure qui suivait. Il ne me reçoit donc pas, et ne donnera plus de ses nouvelles. Il ne me recevra plus d’ailleurs, jusqu’à ce que je quitte la Côte d’ivoire le 28 décembre 2008. C’est suite à cette stratégie de Bouabré qui consistait à m’affaiblir en me faisant perdre mon emploi en France, et en me forçant à un chômage dans mon propre pays, que je me suis indigné. J’ai décidé après 26 jours sans nouvelle de M. Bouabré, de saisir moi-même le 11 avril 2008 Laurent Gbagbo, afin de régler mon problème. Et c’est ce qui a attisé sa colère, ainsi que celle de tous ceux avec qui il a usurpé la paternité du dialogue direct. Partant de là, j’ai été soumis à des pressions de toutes sortes : filatures, menaces de mort, tentative d’enlèvement à l’hôtel TIAMA au Plateau etc.

Vous vous attribuez la paternité du dialogue direct interivoirien. Pouvez-vous en dire plus?

Vous savez, le Dialogue direct n'est pas un concept nouveau. N’importe qui pouvait concevoir ce projet, mais il faut reconnaître qu’il fallait y penser. Ce qui n’était pas possible pour le gouvernement Gbagbo, qui a passé plutôt son temps à multiplier les médiations extérieures, sans succès. Aussi, il fallait être un stratège, avoir des amis dans les deux camps, avoir des moyens financiers, inspirer confiance aux deux camps. Il fallait aussi être prêt à risquer sa vie pour son pays. Et je crois que ce sont ces deux dernières vertus qui manquaient dans l’équipe de Gbagbo. Ce qu’il faut retenir, c’est que le projet du dialogue direct a des témoins et non des moindres, qui ont participé aux travaux que j’ai proposés; certains sont actuellement en Côte d’Ivoire et prêts à dire leur part de vérité si c’est nécessaire. De plus, je vous mets au défi de me présenter une coupure de presse dans laquelle M. Gbagbo Laurent dément mes dires. Ma réclamation existe depuis avril 2007. Elle a été officiellement portée à la connaissance de Laurent Gbagbo durant toute l’année 2008.

Et tout ce qu’il a pu trouver comme solution responsable, c’était de me tendre des pièges pour m’éliminer physiquement. M. Gbagbo ne voulait pas désavouer son ministre d’Etat; en plus lui-même était allé jusqu’à l’ONU pour se vanter de la paternité du dialogue direct. D’ailleurs, c’est pour cela que lorsque je suis sorti de la Côte d’Ivoire, j’ai, dès mon arrivée en Europe, porté cette affaire à la connaissance du secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, du président français M. Nicolas Sarkozy, et du facilitateur officiel de l’accord politique de Ouagadougou, le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré. Malgré toute la pression médiatique qui a suivi, l’avez-vous une fois entendu démentir et dire le nom de celui qui lui a apporté ce concept? Souvenez-vous, en visite d’état le 18 novembre 2009 dans le Worodougou, M. Gbagbo confessait ceci: «Ce sont de bonnes âmes qui m’ont proposé de privilégier la voie du dialogue direct» et récemment en 2010, recevant les chefs coutumiers du Bas-Sassandra au palais, il disait encore ceci : «le dialogue direct m’a été proposé par un Ivoirien». Une preuve supplémentaire que Gbagbo n’est pas l’auteur de ce concept. Enfin, retenez que lors de mon séjour au pays en 2008, j’ai été reçu par la hiérarchie de l’ANSI (Agence Nationale de la Stratégie et l’Intelligentsia, renseignements généraux de la présidence) ; celle-là sait qui est l’auteur du dialogue direct.

Comment avez-vous réussi à amener les protagonistes de la crise ivoirienne à ce dialogue?

Avant tout, par la volonté de ramener la paix dans mon pays! C’est tout simple. J’ai saisi la participation de notre équipe nationale au mondial du football en Allemagne en 2006. J’ai alors conçu et financé sur fonds propres, une stratégie qui consistait à organiser des concerts gratuits de soutien aux Eléphants, dans les grands stades ivoiriens, dont la date du 21 mai 2006 s’est tenue au stade de Bouaké avec succès, en rassemblant 25 mille personnes.

C’est pendant et suite à l’étape de Bouaké, organisée en co-production avec le cabinet du Premier ministre d’alors M. Charles Konan BANNY, que j’ai discrètement négocié et proposé un dialogue direct avec le président Gbagbo, à des chefs militaires FN, dont M. Issiaka WATTAO, chef d’état-major adjoint des Forces Nouvelles. C’est ainsi que j’ai obtenu leur accord de principe ainsi que la promesse de soutien au moment venu, de ma proposition de résolution auprès de leur Secrétaire Général M. Guillaume SORO. Après avoir recueilli leurs revendications réelles qui n’étaient autres que celles pour lesquelles ils avaient pris les armes en 2002, j’ai fait la promesse de faire aboutir leurs positions dans le même mois auprès du président Gbagbo. Ce que je fis avec succès. C’était la première étape. Pour la deuxième étape, j’ai rédigé les revendications des FN ainsi que les solutions à soumettre au président ; les 16, 20, 26 et 28 juin 2006, sous l’assistance du ministre Bouabré et d’un autre représentant du président Gbagbo. Dans la nuit du 27 au 28 juin, Laurent Gbagbo valida mon document ; et m’envoya en mission en vue d’une première rencontre avec les chefs militaires des FN à Abidjan. Il insista même pour les recevoir avant son départ pour le sommet des chefs d’Etat prévu le 2 juillet 2006 à Banjul en Gambie… Il prit lui-même contact avec Guillaume Soro pour soutenir ma démarche. Nous obtenions alors l’accord des FAFN pour une audience le 4 juillet 2006. Les militaires arrivèrent au palais présidentiel ce jour à 16 heures, ils furent bloqués par des agents de la Garde Républicaine qui prétextèrent qu’ils ne devaient pas rentrer avec leurs gallons! C’est là que les choses se sont compliquées.
linter_3947.jpgC’est-à-dire?
C’est-à-dire que les chefs militaires des FN ont été empêchés par des personnes, d’avoir accès au président Gbagbo. Lorsque j’ai été informé de cet incident, j’ai aussitôt contacté M. Bohoun Bouabré qui s’y trouvait déjà, mais il ne répondait plus au téléphone. Après cela, j’ai été approché par des proches de Bouabré qui m’ont conseillé de quitter le territoire ivoirien pour ma sécurité, car il circulerait des rumeurs chez Bouabré, qui consistaient à m’éliminer pour me faire remplacer par un des leurs. J’ai dû quitter Abidjan le 23 juillet 2006 pour Paris, laissant le dossier ''tout prêt'' du dialogue direct entre les mains de Bohoun Bouabré et de Laurent Gbagbo. Puis, le 20 août 2006, j’apprends par des membres du cabinet présidentiel que mon projet était en réalisation par le président Gbagbo, avec Bouabré comme concepteur et Désiré Tagro comme envoyé spécial du président pour le dialogue direct, le poste que j’occupais. C’est là que s’est arrêtée ma prestation officielle.

On parle de l'intervention de certaines personnalités, notamment des présidents Mbéki, du Guide libyen Mouhamar Kadhafi, etc, pour que le dialogue direct de Ouaga soit. Etes-vous sûr que c'est votre action qui a permis à Gbagbo et Soro de se parler directement?

Pas forcément, mais vous venez de dire vous-même, « dialogue direct de Ouaga». En ce qui me concerne, je parle du dialogue direct interivoirien et du processus de sa création. Un concept qui a permis à Laurent Gbagbo d’avoir les vraies revendications des FN et d’y apporter des solutions. Pendant les négociations que j’ai menées, je n’ai pas eu connaissance d’une intervention du guide Libyen ni du président Mbéki. Par contre, dans le document de résolution que j’ai soumis au président Gbagbo, ces autorités ainsi que d’autres devraient y être associées. Et c’est ce que Laurent Gbagbo a fait.

En quelle qualité avez-vous agi?

Je vous l’ai dit. Dans un premier temps, j’ai agi en qualité de simple promoteur d’un évènementiel qui visait à briser le mur de méfiance entre le nord et le sud de la Côte d’Ivoire. Après l’aboutissement de ma négociation avec quelques chefs militaires des FN, j’ai été en mission en qualité d’envoyé spécial du président de la République pour le dialogue direct, le poste que Désiré Tagro a soit disant occupé.

Vous étiez en Côte d'Ivoire. Vous avez tenté en vain de rencontrer le président Gbagbo avant de vous exiler en France. Qu'est-ce qui n'a pas marché?

Ce qui n’a pas marché c’est que M. Bohoun Bouabré, Alcide Djédjé, et feu Désiré Tagro s’étant tous les trois attribués la paternité du projet du dialogue direct, ont dressé un rideau de fer autour de M. Gbagbo, pour que je n’arrive pas à lui. Ensuite, ils ont dû le convaincre de la nécessité de ma mise à l’écart. Pour cette affaire, M. Bouabré était devenu un tiroir-caisse pour certains membres du cabinet du président. Chaque fois qu’un dossier ''Seth Koko'' arrivait sur leur table, il finissait dans les mains de mon spoliateur moyennant argent. D’ailleurs, je mets ces personnes au défi de me contredire et je leur rappellerai l’heure, le jour, le lieu et les intermédiaires… En tout cas, notre présidence n’était plus digne de ce nom.

C’est ce qui n’a pas marché.

Qu'avez-vous voulu lui dire?

(Rires) Je voulais juste dire au chef de l’Etat d’alors, d’où est venue la paix dont il profitait. Je voulais juste lui demander que justice soit rendue et qu’il me rétablisse dans mes droits…

seth koko bur13Comment avez-vous appréhendé la crise post-électorale en Côte d'Ivoire?

Honnêtement, je n’ai pas du tout apprécié le comportement que le président Gbagbo et son LMP ont adopté pendant la compagne, et après la proclamation des résultats provisoires par la Commission Electorale indépendante. De toute façon, vous savez les différentes positions que j’ai prises avant et pendant cette période post-électorale.

Pourquoi aviez-vous soutenu l'intervention militaire de l'ONU et de la France dans cette crise?

Parce que je ne voulais pas que mon pays se transforme en un Rwanda. Les exactions du camp Gbagbo augmentaient de manière inquiétante. Dès le 16 décembre 2010, j’ai commencé à recevoir sur mes sites web, des informations sur des cas de meurtres commis par des patriotes et des miliciens à la solde de Gbagbo. Je savais aussi que Gbagbo avait acheté des armes de destruction massive, et qu’il pouvait les utiliser contre les populations, à cause de sa détermination à conserver le pouvoir. Ce qu’il fît contre les civils à Koumassi, Treichville, Adjamé, Abobo etc. Ce qui a d’ailleurs obligé le président légitime à créer l’armée des FRCI. En plus des tueries de l’armée, des Ivoiriens étaient enlevés, torturés, brulés vifs et tués de jour comme de nuit. Blé Goudé et ses amis s’étaient organisés en bandes pour selon lui « dénoncer tout voisin qui s’opposerait au pouvoir de Gbagbo ». Vous avez vu, à un moment donné, que ce jeune homme avait remplacé les généraux de notre armée. Il s’est même permis de distribuer des armes de guerre aux populations civiles, en ville comme dans les villages, sous prétexte que la Côte d’Ivoire était attaquée et que Gbagbo avait été envoyé par Dieu pour nous sauver. Face à tous ces graves dérapages, aucun intellectuel du LMP ne démissionnait afin de raisonner Gbagbo et son épouse. Plus tard, on apprenait que plusieurs centaines de morts ont été découverts à Duékoué. Notre beau pays était à deux doigts de se transformer en un cimetière géant. Il fallait trouver un sauveur ; l’ONU et la force Licorne étaient là pour protéger la population. Elles étaient donc en droit de prendre leurs responsabilités.

N'était-ce pas une ingérence comme l'ont dénoncé certains?

Vous savez c’est M. Gbagbo et ses amis qui développaient cette thèse de l’ingérence pour abrutir nos parents et isoler notre pays. Moi à ce que je sache, la Côte d’Ivoire fait partie des Etats membres des Nations unies. A ce titre, Laurent Gbagbo a demandé depuis 2002 l’assistance de l’ONU dans la sortie de crise. Le régime Gbagbo avait bénéficié de centaines de milliards par cette institution pour organiser ses élections. Il était tout à fait normal que l’ONU intervienne pour éviter le chaos à la Côte d’Ivoire. Si l’ONU n’avait pas assuré la protection des populations et détruit les armes lourdes que détenait Laurent Gbagbo, je suis sûr qu’on ne serait pas là vous et moi en train de parler.
Vos rapports avec les nouvelles autorités?

Nos rapports sont fraternels et de confiance mutuelle. Vous savez que je suis un houphouétiste, et ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont des purs produits d’Houphouët Boigny. Ils ont l’intention de travailler avec cette philosophie. Ils m’inspirent confiance. Le président Alassane Ouattara et son gouvernement sont en train de jeter des bases solides pour le retour de l’unité des Ivoiriens, de la démocratie et du travail. Aussi, la Côte d’Ivoire retrouve son respect dans le milieu diplomatique. C’est ce que tout bon patriote peut souhaiter pour son pays.

Votre regard sur les premiers pas du nouveau régime?

D’abord je refuse que vous utilisiez le mot régime car je trouve que ce pouvoir est dirigé par une personne qui a été élue par le peuple, et qui doit œuvrer pour la démocratie et le bien-être des Ivoiriens. Le mot régime est propre aux pouvoirs illégaux qui imposent leur dictat au peuple. Je préfère que vous l’appeliez plutôt le nouveau pouvoir. En effet, je suis content de constater que le président est, lui-même, au-devant des décisions qu’il prend. Cela signifie qu’il les maîtrise et sait de quoi on lui parle ; contrairement à la médiocrité dont certains nous ont habitué ces dix dernières années. Les ministres affichent tous une volonté de bien faire leur travail: ils s’organisent, j’aurais même appris qu’ils seraient notés par trimestre et que chacun aurait à présenter un plan d’action au chef de l’Etat pour le ministère qu’il occupe.

Cela signifie qu’ils auront l’obligation de résultat. Cependant, la réalité est que le peuple qui a élu le président Ouattara, est malade, a faim, est au chômage, et subit encore des violations de droits de l’homme. Alors, il faut aller vite, trouver des solutions pour rassurer les Ivoiriens.

Que pensez-vous des FRCI et de leur structuration actuelle?

Je suis très fier des frères et sœurs qui ont démontré leur patriotisme et leur force de combattre pour la nation, en ratissant toutes les villes de la Côte d’Ivoire en 4 jours jusqu'à Abidjan, pour faire respecter le verdict des urnes. Je pense que ce sont des personnes sur qui les Ivoiriens doivent compter pour la formation d’une armée forte. Mais pour cela, il faudra les encaserner et les former. Je pense que cette armée-là, si elle reçoit la formation militaire adaptée, elle saura protéger nos frontières et pallier toutes les éventualités. Avec cela, vous verrez que nous serons tous sereins pour investir dans notre pays.

Votre regard sur ces éléments et la sécurité des Ivoiriens?

Tout ce que je peux leur dire, et là je le dis au nom de l’ACSCI (Alliance Citoyenne de la Société Civile Ivoirienne) dont je suis le fondateur, c’est que nous avons tous apprécié le service qu’ils ont rendu à la nation. Il est important qu’ils comprennent que la guerre est finie.

Gbagbo qui finançait les mercenaires et les milices a été capturé. Aucun mercenaire et aucune milice ne sera plus une menace pour les FRCI aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Cela dit, si nous voulons être réalistes, au moins 15 jours après la capture de Gbagbo, c’est à eux qu’est revenue la protection des populations. Il faut qu’ils arrêtent de martyriser les Ivoiriens dans les villes et villages des provinces. Qu’ils sachent que les abus de pouvoir dont ils se rendent coupables nous parviennent tous les jours et cela risque d’entacher le beau travail qu’ils ont fait. Cela risque de rendre la tâche difficile au chef de l’Etat. De plus, cela nous compliquerait la tâche, lorsque nous prendrons, nous, les filles et fils de ces régions, nos bâtons de pèlerins pour aller expliquer à nos parents, la nécessité de la réconciliation nationale.

Avez-vous des propositions pour la nouvelle armée?

Pour qu’il n’y ait pas un nouveau débat qui va encore trainer et compliquer les choses, je trouve qu’il serait mieux que les ministères en charge de cette question appliquent directement la feuille de route de l’accord politique de Ouagadougou avec le Centre de commandement intégré (CCI). Là-dessus, le président l’avait dit lors de sa campagne et nous voyons que les choses sont en train d’évoluer dans ce sens avec le dernier séminaire de Bassam; alors attendons de voir. Maintenant si je puis me le permettre, c’est juste un conseil que je peux donner aux chefs des différents corps d’armée : « La réussite de cette armée dépendra de leur degré de patriotisme». Qu’ils acceptent, et qu’ils ne créent pas de poches de résistance si demain certains venaient à avoir un redressement de leurs grades.

Avant tout, un bon soldat, c’est la discipline, c’est celui qui se soumet aux décisions de sa hiérarchie. Ainsi, c’est la Côte d’Ivoire qui gagnera et c’est eux qui seront de vrais héros, si jamais ils arrivaient à intégrer cette nouvelle armée dans la discipline.

Votre avis sur la commission Dialogue – Vérité et réconciliation et la personnalité qui l'incarne?

La création de cette commission est une très bonne chose. Le Premier ministre Charles Konan Banny qui en est le président, est une personne crédible, digne de confiance. Il fallait créer ce cadre pour permettre aux spoliés et exilés comme nous de dire notre part de vérité ; mais surtout pour que toutes les régions de la Côte d’Ivoire se retrouvent pour régler une fois pour toutes, les problèmes qui nous minent depuis la mort du président Houphouët-Boigny.

Comment réussir cette réconciliation après ce qu'a donné le forum de 2001?

Il faudra que cette commission soit présidée par cinq personnes: par le président Charles K. Banny (originaire du centre), suppléé par 4 vice-présidents. Le premier doit être du Moyen-Cavally où se trouve le peuple le plus meurtri, le second du Sud-Ouest, précisément de la région de M. Gbagbo. C’est à ce dernier qu’il reviendra de diriger les travaux dans cette région et de parler au peuple Krou en général de ce qui s’est passé dans le pays et expliquer pourquoi ils doivent aller à la réconciliation. Le troisième doit être du Sud-Est, précisément de la région des 3’A’ ou de l’Indénié, et le quatrième du Nord. C’est à ces vice-présidents qu’il reviendra de faire en sorte que nos parents, dans leurs localités, se sentent impliqués et concernés par le processus. Ces vice-présidents devront eux-mêmes conduire les missions de proximité. Au cours de celles-ci, ils devront recueillir et rassembler les témoignages des villageois ainsi que leurs propositions de solutions adaptées aux différentes localités, qu’ils transmettront à la présidence centrale dirigée par le Premier ministre Banny. Ceci devra se faire en toute transparence et dans le respect des coutumes de chaque région. Pour ce qui concerne les solutions aux conditions ou aux conclusions des travaux dans les régions, la commission devra y mettre un minimum de 6 mois pour rendre ses conclusions définitives.

En ce qui concerne les acteurs politiques en exil, il suffira juste de dresser une liste précise des personnes ou personnalités non poursuivies par la justice, et qui voudraient rentrer au pays. Ces derniers une fois sur le sol ivoirien, devront bénéficier d’une tribune publique à laquelle ils pourront s’exprimer et dire leur part de vérité à la nation. Ils devraient pouvoir obtenir un soutien pour leur réinsertion. Il faudra que cette commission accomplisse sa mission dans un maximum de 18 mois après le démarrage de ses travaux. Les conclusions de ces travaux devront se solder non seulement par l’obtention du pardon et de la réconciliation des peuples, mais aussi par la rédaction d’un livre d’histoire de l’après Houphouët-Boigny. Le chef de l’Etat devra décréter l’instauration d’une journée nationale du souvenir et du pardon. Voici un peu ma vision résumée sur la commission vérité et réconciliation, sachant que je l’ai fait à titre indicatif. Et ce qu’il faudra retenir dans tout cela, c’est que les problèmes de notre pays viennent avant tout des politiques ; mais je pense que si nous arrivons à bien associer la base que sont nos chefs coutumiers dans nos différentes régions, la Côte d’ Ivoire retrouvera sa cohésion d’antan.

Seth-Koko-1.JPGJustice et réconciliation, qu'en dites-vous?

C’est une très bonne chose. On ne peut pas réconcilier les parents de la fille ou du fils qui a été tué et les parents de celui ou celle qui les a tués sans que le tueur ne soit emprisonné !

Quels sorts pour les cadres LMP au moment où l'on parle de prochaines législatives en Côte d'Ivoire?

Il faut des mandats d’arrêt contre ceux qui on commis des délits et qui sont en fuite, la prison pour ceux qui sont reconnus coupables et qui sont en Côte d’Ivoire, la liberté d’expression et de circulation pour ceux qui sont ''propres''. Peu importe le nombre. Qu’ils soient 200 ou 400, ils doivent payer pour avoir tué et fait tuer des êtres humains. C’est cela un Etat de droit. Il n’y a que comme cela que notre justice sera forte et respectée. Et cela servira d’exemple au peuple et au pouvoir en place. Je sais que vous allez me parler de sacrifice à faire pour la réconciliation. Je vous dis tout de suite qu’elles sont au moins au nombre de 300, les personnes recherchées. Mais la Côte d’Ivoire compte plus de 20 millions d’habitants. C’est ceux-là qu’il faut réconcilier. Celui qui voudra conditionner sa réconciliation à la libération d’un criminel, il vaudra d’abord qu’il ressuscite les morts des familles qui souffrent aujourd’hui. Et parlant de LMP par rapport aux législatives, notez que leur formation politique se proclame ''la majorité présidentielle'', non! Hé bien qu’ils positionnent le reste de leurs cadres, pour défendre leur vision aux législatives. De plus ayant bien travaillé pour le pays, il n’y a aucune raison pour qu’ils s’inquiètent, car le peuple va les récompenser pour leurs bons et loyaux services durant ces dix dernières années !

A quand la fin de votre exil et quelle ambition nourrissez-vous?

Honnêtement, la fin de mon exil est entre les mains du chef de l’Etat et de la commission vérité et réconciliation. A ce jour, j’ai trop d’ennemis au pays pour avoir désavoué Laurent Gbagbo dans l’affaire du dialogue direct, et récemment pour avoir soutenu le président Ouattara dans le combat pour le respect du verdict des urnes. Ceci dit, la médiation pour mon retour au pays était entre les mains du président Nicolas Sarkozy au temps de M. Gbagbo. Mais au vu de la crédibilité dont bénéficie le pouvoir du président Ouattara auprès de l’Elysée, je viens de recevoir une lettre du Quai d’Orsay me demandant formellement de prendre contact avec les nouvelles autorités ivoiriennes. Et là, je suis en attente d’une audience avec notre ambassadeur S.E. Ally Coulibaly, afin de lui transmettre mon dossier que son prédécesseur Pierre Kipré détenait. C’est après cette audience que je pourrai en dire plus sur mon retour au pays. Concernant mes ambitions, j’aimerais rentrer pour reprendre mes investissements là où je les ai laissés, car c’est ce qui m’a toujours passionné. Et enfin, j’ai l’intention de me présenter aux législatives chez moi à Guibéroua, si Dieu le veut.
Entretien réalisé par Félix D.BONY

L'Inter

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 14:46

SETH KOKO AN4Avant la réunion de l'UA, Seth Koko, invité spécial  de TV LIVE dit ses vérités.

ivoirtv.net.jpgTHEME : Crise Post-électorale en Côte d'Ivoire

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DATE: 09 mars 2011

Cote-divoire-drapeau.jpgHEURE : 17 H (New-York) 23H (Paris) , 22H (Abidjan)

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 12:27

Seth-koko-bleu.jpgEn exil en France, Seth Koko  s'est confié à Grioo.com sur les futures élections dans son pays. Paris le 28 octobre 2010.

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 12:10

Célèbre auteur de ‘’A l’ombre d’un soufi’’, Ahmadou Yacouba Sylla est un bouillant hamalliste. Ancien député du Nioro dans l’ancien Soudan, ce combattant de la liberté est le digne fils de Cheick Yacouba Sylla lui-même exclusif hamalliste politique (Rocher Sassandra 1930) qui s’est parfaitement illustré contre l’injustice coloniale. Connu pour sa plume acerbe dans les différents organes de la presse ivoirienne, Ahmadou témoin oculaire de l’histoire des Etats africains précoloniale et postcoloniale, ex-conseiller d’Houphouët-Boigny, nous livre ici sa lecture du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire, en même tant qu’il interpelle et lance un appel à tous pour que les Ivoiriens retrouvent un pays réconcilié, apaisé afin d’amorcer son véritable développement durable.
J’ai mal à la Côte d’Ivoire
Au Nom de Dieu, Clément et Miséricordieux ! Vous attendez de mon ignorance la lecture de nos temps politiques et religieux, nos temps qui sont inondés par la tornade des paroles que se disputent religieux et politiciens… le contenu de ‘’À l’Ombre d’un Soufi’’ de mon combat, a besoin de la sagacité rédactionnelle de l’Intelligent d’Abidjan pour restituer le survol de mon vécu de Houphouët Boigny à Laurent Gbagbo. Il n’est pas aisé de prendre la parole dans une pluie de parols. On a le sentiment que la part de la raison n’est pas commandée par la raison. Ma vraie maladie c’est la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est dangereusement et effroyablement malade. Est-ce que nous avons une possibilité d’entrer en nous-mêmes et faire notre examen de conscience ? Nous sommes pris dans une espèce de gouffre. Le gouffre marcoussiste qui nous a envahis. La Côte d’Ivoire est entièrement dévorée et meurtrie par Marcoussis ; tout ça à cause du prisme de l’argent.

L’option de Félix Houphouët Boigny
‘J’ai été député du Nioro pour le compte du Soudan. Pour être député, c’est une très longue histoire, parce que Houphouët-Boigny n’a pas accepté que j’ai pu faire l’option Ghana-Guinée-Mali. Il fallait donc que mon père use de toute son influence pour que je quitte sur la liste de l’union soudanaise du RDA. J’ai fait une option, il fallait l’accepter, mais on ne peut que répondre à l’appel du sang. Quand j’étais au Mali, Houphouët me considérait comme un révolutionnaire et quand j’ai rendu ma démission et que je suis revenu, il voulait obligatoirement que je vienne au cabinet, sans que je ne sache pourquoi. Pour M. Foccart j’étais un révolutionnaire, mais maintenant que je suis revenu, il dit que je suis un communiste. Et Houphouët de m’apostropher, lorsqu’il y a eu l’histoire du complot du chat noir. Il m’a emmené à Yamoussoukro et devant mon père, il a dit que je fais partie des comploteurs. Je l’ai remercié et je lui ai dit : « le respect que je porte à mon père, c’est le même respect que je te porte. Mais puisque je suis un comploteur, je suis obligé de quitter ton salon. Je sais où se trouve la route du Mali et je sais d’où je viens. En te quittant, je vais au Mali et je n’ai pas de comptes à te rendre ». J’ai quitté sa résidence et je suis allé m’asseoir à la station AGIP . Ensuite, il était allé rencontrer les prisonniers politiques et comme le préfet Tagro dans son rapport, a fait état d’un certain Sylla, il a déduit que c’était moi. Au cours de cette réunion donc, il s’attendait à ce que ce soit moi, puisqu’autour de lui, il y avait des gens qui jubilaient de savoir que Sylla aussi fait partie des comploteurs. C’est ce jour-là qu’on a arrêté Ladji Sidibé, c’est ce jour-là aussi que Barouan a versé des larmes à la plantation. Mais, à peine que la réunion a débuté, Gbaï Tagro se lève et dit : « Président, j’ai fait une erreur dans mon rapport. J’ai dit Sylla, mais il s’agit de Abdoulaye Sylla et non Ahmadou Sylla. Barouan quitte la réunion et vient me trouver à la station, tout heureux, et il m’annonce que je suis réhabilité. J’ai refusé de le suivre. C’est mon frère aîné, actuel calife, qui est venu me prendre à la station AGIP pour me conduire à la résidence. Quand nous sommes arrivés à la résidence, Houphouët me dit : « Excuse-moi, Tagro a corrigé sa rédaction ». Je me suis mis à pleurer, mais comme mon père était là, je n’ai voulu rien dire. J’ai quitté leur auguste assemblée et je suis allé me mettre sur un banc. Pour n’avoir pas épousé l’option libérale comme lui, Houphouët, me surveillait de près et me soupçonnait constamment de destabilisateur. Il avait définitivement choisi le libéralisme pour son pays avec toutes ses conséquences. Voilà l’option libérale, le prisme de l’argent l’argent devait faire l’affaire des Ivoiriens. La culture était dévalorisée au profit de ce Dieu. Elle n’avait pas droit de citer.

Houphouët a nommé Bernard Dadié pour qu’il échoue
J’ai entendu l’autre jour dire, qu’on devait fêter Bernard Dadié au Palais de la culture, mais Bernard Dadié se considère comme un marginal. Les conditions dans lesquelles Bernard Dadié a été nommé ministre de la Culture ne viennent pas de lui (Houphouët), mais de l’Extérieur. Senghor et ses amis de la culture ont demandé à Houphouët pourquoi il laisse quelqu’un de la trempe de Bernard Dadié, pour nommer quelqu’un d’autre, qui n’a aucune base culturelle, comme ministre de la Culture. C’est par l’influence extérieure de Bernard Dadié qu’il a été nommé ministre de la Culture. Mais dans quelles conditions ! Il a été nommé ministre de la Culture J’en profite pour lui rendre homm age dans la même période où se déroulait la Coupe d’Afrique. C’est à cette même période qu’on construisait l’immeuble qui abrite la Fédération ivoirienne de football. Fologo était ministre des Sports. Houphouët n’a pas nommé Bernard Dadié pour qu’il réussisse, mais pour qu’il échoue. Dadié est un homme d’expérience. Lorsqu’il a été appelé au Palais présidentiel pour être informé de sa nomination, il a demandé à Houphouët la permission d’aller consulter sa famille. Houphouët lui a dit : « Tu n’as pas à te concerter avec ta famille. J’ai décidé que tu sois ministre, tu le seras ». On a voulu lui arranger ses meubles et sa maison, il a refusé et jusqu’à présent, il occupe cette même maison à la cité des Arts. Il a été débarqué du gouvernement dans des conditions extrêmement graves, mais Bernard Dadié a toujours gardé la dignité du silence, parce que père Gabriel Dadié et lui, ont mené une lutte anticoloniale qu’il ne dévoiera jamais, parce qu’il y a eu une incompréhension entre lui et son père Houphouët-Boigny. Mais tout est aujourd’hui dévalorisé par l’argent. Les gens de Marcoussis se sont donc servis de cette faiblesse pour l’argent, parce qu’il fallait un jour qu’on arrive à la succession d’Houphouët, une succession à la pelle.

Les faiblesses d’Houphouët-Boigny
En ouvrant les frontières, ce qui fut d’ailleurs l’une des faiblesses de mon papa Houphouët, nous avions attiré son attention sur les éventuels dangers de ce qui pourrait advenir. Nous lui avons dit : « Papa, de grâce contrôlons nos frontières ». Et à cette période là, c’était Bakary Coulibaly qui était le directeur de la Sûreté. Et en retour Papa nous répondait ceci : « Ça ne va pas chez toi ! Si les frontières sont ouvertes, c’est parce que je veux créer les Etats-Unis d’Afrique comme les Etats-Unis d’Amérique en Côte d’Ivoire». Nous lui avons dit : « Les gens viennent à toi parce que tu es le Président du RDA. Il ne faut pas te servir de ça pour mener une opposition contre les pays révolutionnaires comme le Ghana, le Mali et la Guinée (…) Ce n’est pas une construction positive de l’avenir ». Il me dit « Ah bon, tu veux me faire la leçon maintenant ? » Je lui ai répondu : « Tu as engagé une action en 1946. Si tu veux changer de style, fais-le, mais reste panafricaniste ». Pourquoi je n’ai jamais occupé de bureau à la Présidence ? C’est impensable ce qui se passe dans son cabinet. Le directeur de cabinet est Français, le secrétaire général est Français, tu as 55 conseillers techniques français. Demander au fils du hamalliste d’aller s’asseoir dans un bureau comme ça, mais c’est le livrer aux loups. Et la preuve, ça ne marchait pas.

Quand ils ont senti la mort d’Houphouët, ils ont délocalisé le bureau des As du contre-espionnage, du palais à l’ambassade de France
Le cabinet militaire français, tenu par des as du contre-espionnage français, qui se demandaient ce que ce Sylla faisait dans ce cabinet. Mais, c’est normal parce que pour eux la Côte d’Ivoire était une province française. Ils ne pouvaient pas penser que quelqu’un puisse avoir une pensée contraire; alors que parmi ces conseillers techniques, il y a des gens qui n’approuvaient pas la façon de faire la coopération franco-ivoirienne. On avait plus de 1.000 enseignants français, on ne pouvait pas dénombrer les conseillers français au ministère de l’Economie et des Finances, au ministère de la Défense. Quand on est dans une telle situation, on ne peut pas dire qu’on construit une nation. Le jour où ils ont senti que la maladie est en train de miner Houphouët, ils ont délocalisé le bureau où étaient les as du contre-espionnage français. Ils ont transféré tous ceux qui étaient au palais présidentiel, à l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, où il y avait la police des polices françaises. Quand j’ai su qu’ils ont commencé à délocaliser, je me suis dit que ça devient compliqué, parce que s’ils délocalisent, cela veut dire qu’ils savent que la fin d’Houphouët est proche. Ils ne lui feront jamais un coup, parce que c’était un très grand ami de l’Occident. Houphouët tenait toutes ses réunions à Cocody et un jour, il a décidé d’aller se faire soigner en France, alors qu’il a soigné ses yeux ici en Côte d’Ivoire. J’ai demandé s’il ne pouvait pas rester ici et se soigner. Il m’a dit de m’occuper de mes affaires. Il est donc allé à Paris pour se soigner. La France n’est pas créateur de vie, elle ne peut donc pas ôter la vie de quelqu’un. Houphouët a aussi a enterré beaucoup de gens, si son tour arrive, c’est arrivé ! A l’époque ceux qui l’ont fait opérer ont dit que c’est ce même médecin là qui a opéré Mitterrand. Mitterrand était encore là, lorsqu’il opérait Houphouët alors qu’il était est en train de finir, ce sont inquiétées certaines personnes. Ensuite on nous dit qu’il faut qu’il aille à Genève. Je leur ai dit que c’est eux qui font ce genre de calcul, parce que quand Dieu a décidé, il a décidé. C’est dans cette même situation que nous nous trouvons aujourd’hui.

Le cas Henri Konan Bédié
Houphouët m’a fait une confidence un jour, et je lui ai dit : « Tu choisis Bédié comme successeur, mais beaucoup de personnes vont se poser des questions ». Il m’a dit « Bédié c’est mon choix, que ça plaise ou non ». Je lui ai demandé s’il avait discuté avec le ministre aux marchés communs. Il m’a dit qu’il en a discuté avec tout le monde et que Bédié c’est son homme, c’est son choix. Un jour, il me dit « on dirait que mon choix ne te plait pas ». Je lui ai dit qu’il n’était pas de mon devoir de spéculer sur l’avenir ou le destin de quelqu’un. Je lui ai dit : « Si Dieu dit que c’est Bédié, c’est Bédié. Puisque c’est toi le chef, je souhaite que tu ais la bonne vue pour que nous n’ayons pas à le regretter ». Nous étions dans un système basé sur l’argent, lorsque Bédié a pris le pouvoir. Les tenants des capitaux financiers se sont rendus compte que dans ce système de Bédié, c’était le moment de prendre des intérêts dans les sociétés. Ils ont donc commencé à faire de la prospection en Côte d’Ivoire, pour savoir qui pouvait remplacer Bédié. J’ai été approché par des personnes qui envisageaient de mettre fin aux actions de Bédié, puisqu’il était actionnaire dans certaines sociétés de vente de riz et autres. Je leur ai dit : « Mêlez-vous de vos affaires. Houphouët est mort certes, mais cela ne veut pas dire que sous Bédié, les choses se passeront comme au temps d’Houphouët ». Malheureusement, le destin étant ce qu’il est, vous avez vu ce qui s’est passé. Bédié a assumé sa part, il s’est retrouvé dans le coup d’Etat. La partition militaire qui a organisé coup, ce sont les Français qui sont à la base de tout. Le général Français, chef d’état major, a entouré Guéi de tous les spécialistes militaires, parce que je ne pense pas que Guéi pouvait réussir seul ce coup savamment planifié. Quand Guéï a commencé à mordre à l’appât du pouvoir, les Français ont créé les conditions pour le pousser à la porte. Voici la tragédie que nous avons vécue.

Comment Gbagbo a géré la crise
Qu’on le veuille ou non, il faut que nous ayions l’humilité d’admettre que la situation en Côte d’Ivoire est contrôlée par les Français. Mais, on ne peut pas être croyant, musulman ou chrétien et être anti quelque chose. Toute créature de Dieu est faite pour être aimée. Dans ce mois sacré du Ramadan, l’Homme doit être en lui-même pur. Je ne vois pas pourquoi, parce que nous avons pris position pour l’intérêt de notre pays, qu’on est anti ceci ou cela. Les militaires des pays appelés communistes sont venus en Octobre 2000 avec leur partition, une partition de désordre quand on s’est retrouvé aux élections. Gbagbo a gagné ces élections, il a été élu Président de la République. C’était dans son destin. Dieu l’a voulu ainsi, nous lui disons merci pour ce choix. Nous ne serons donc jamais contre Gbagbo, parce que mon père nous a dit : « Tu respecteras toujours le choix divin ». Mais mon rôle, c’est de dire à Gbagbo « attention à ceci ou à cela ». Si j’ai entrepris de faire ce que je fais, c’est parce que Gbagbo a géré la crise de façon solitaire. Il s’est mis en dehors de son parti, le FPI, au risque même de s’attirer des problèmes. On ne peut pas renier le fétiche qui t’ai fait. Au PDCI, les militants ne faisaient rien sans le bureau politique, ou le directoire avant d’aller au Conseil national. Mais Gbagbo a coupé avec sa base. Dans le prisme de l’argent, Gbagbo ne connait pas le sens de la gestion de l’argent. Professeur d’histoire de son état, il avait un salaire de 400.000 FCFA. Aujourd’hui, il se retrouve à la tête d’un Etat qui a un budget de 2000 milliards de FCFA, des fonds de souveraineté à donner le vertige. Automatiquement, il est pris dans la bourrasque, puisqu’on dit que le pouvoir de l’argent peut rendre fou, parce que les flatteurs, les griots se sont jetés sur lui. Mais, puisqu’il n’a pas la notion de gestion financière, il fait le social, le culturel, le scientifique, la médecine…. Il est tout à la fois. Les Occidentaux nous observent, après avoir mis Marcoussis dans nos jambes. Il n’y a rien de plus exposant que la télévision, car les experts savent lire sur les lèvres, ils connaissent la fragilité, la force, ou les faiblesses des uns et des autres et tout est géré par la parole publique. Tout ce qu’on peut faire, c’est d’implorer Dieu, le détenteur divin de toute chose. Si nous devons passer par une épreuve, l’épreuve nous la subirons. Mais il faut qu’il nous aide et qu’il fasse en sorte que nous les Ivoiriens, nous retrouvions notre esprit, qu’il déverse sa pluie de paix sur nous et sur la Côte d’Ivoire. Que les Ivoiriens eux-mêmes arrivent à construire leur paix, parce qu’ils ont appris à s’aimer les uns, les autres. Mais, il ne faut pas faire des réunions télévisées dans le politiquement détestable, où on s’embrasse tout en se détestant, tout en cherchant le malheur de l’autre. Je suis très embarrassé, parce que mon frère Gbagbo, je l’aime très bien. J’aurais bien voulu qu’il connaisse une bonne gestion, mais ce qui se passe actuellement donne beaucoup d’inquiétudes. Mais, celui qui détient la vérité, c’est le Dieu auquel nous nous adressons. Je lui demande d’éclairer Gbagbo pour qu’il se ressaisisse et retrouve son âme. Pour qu’il rentre dans la case sacrée de la nation ivoirienne, qu’il fasse la prospection pour savoir où se trouve la sagesse, afin d’avoir le discernement. Ouaga, oui, Ouaga, non ! On ne pourra jamais lire sur le document de paix de la Côte d’Ivoire, Ouaga le …, les Ivoiriens ont eu leur paix. Ce n’est pas possible, parce que l’âme ivoirienne ne se trouve pas à Ouaga. Elle se trouve à Didiévi, à Gagnoa, à Duekoué, à Yamoussoukro. Il faut arrêter ces ballades, parce que ça réjouit les gens de Marcoussis. Ils ont fait une option, puisque Gbagbo a affiché son esprit de révolutionnaire panafricaniste en essayant d’attenter à leurs privilèges. Ils se disent que même si Gbagbo est socialiste, il faut qu’ils s’occupent de lui. Mais, Gbagbo lui-même ne l’a pas compris. Etant socialiste, il avait des problèmes avec les socialistes français, qui estiment qu’il n’est pas fréquentable. Quand tu touches aux intérêts des Français, il est clair que tu as des problèmes. Nous avons été persécutés, nos pères ont été déportés et ce qui est arrivé est arrivé. Mon frère Gbagbo, gère la situation de De Villepin et de Chirac avec sagesse et sans rancoeur ! Vide ce problème de ton cœur. Ils ont détruit nos avions, Dieu saura nous donner d’autres avions. Tu gères un peuple et lorsqu’il s’agit de gérer un peuple, il ne s’agit pas de le gérer avec tes émotions personnelles. Gbagbo ne soupçonne pas ce que représente l’Etat français. « Le pouvoir d’Etat, c’est le secret d’Etat », dit-on. Mais avec le pouvoir de Gbagbo, il n’y a plus de secret d’Etat et là où il n’y a pas de secret d’Etat, il y a la vulnérabilité, la fragilité. Mais, eux ils se régalent et attendent ce qui va arriver.

Pourquoi Gbagbo ne peut pas se retrouver aussi facilement
Il faut que Gbagbo sache que le système français n’est pas facile à écarter. Qu’il approche donc ceux qui ont le savoir, l’expérience, afin qu’ils lui disent comment il faut procéder. La France est un pays ami, pas un pays colonisateur. Je ne suis pas un économiste, mais le franc CFA est un complot. En 1992, je suis allé en France avec 2 millions de FCFA, mais je ne savais pas que le franc CFA n’était pas monnayable à Paris. Je vais aux Champs Elysées et là-bas on me dit que ne n’est pas une monnaie acceptée. Je vais chez l’ambassadeur Aïdara, qui ouvre son coffre-fort plein de billets de 500 FCFA, parce que personne ne savait que le franc CFA n’était pas monnayable à Paris. J’ai dû aller à Barbès pour échanger mon argent afin de payer mon hôtel. J’ai écrit un message à Bongo, Abdou Diouf, pour leur demander dans quelle forme de mensonge ils sont en train d’embarquer les peuples africains. Nous sommes pris dans un conglomérat de mensonges et dans cette conjoncture, Gbagbo ne peut pas se retrouver. On dit que ceux qui sont autour de lui s’enrichissent, mais comment ne s’enrichiraient-t-ils pas ? A-t-on déjà vu quelqu’un avoir du miel dans la bouche et le vomir ? L’être humain est ce qu’il est et il y a trois forces qui le détruisent : l’argent, la femme et le pouvoir. Si tu parviens à résister, tu deviens un homme accompli. Si tu as le pouvoir ; la femme ou l’argent peut te déstabiliser(Rire). Si ces forces n’y arrivent pas, l’Homme connu de Dieu peut te déstabiliser, parce que tu ne le considères pas. Apprenons à respecter l’homme, c’est en cela que réside le secret.

Gbagbo doit lui-même respecter les institutions qu’il incarne
Il y a une centaine de partis politiques en Côte d’Ivoire, je me demande pourquoi certains leaders de ces partis dits grands n’étaient pas à la célébration du cinquantenaire de notre indépendance. Le Président de la République qui doit respecter les institutions de la République s’est rendu à cette célébration avec 1h30 mn de retard, alors que cette cérémonie était prévue pour 11 heures. Quelle culture peut-on donner à nos enfants, quand on ne respecte pas les institutions et ses semblables ? La jeunesse dit aujourd’hui que pour réussir il faut prendre les armes, les diplômes ne servent à rien et que celui qui n’a pas fait d’études est Premier ministre, avec un budget de plusieurs milliards de FCFA. Où allons-nous avec tout cela ? Il y a quelque chose qui ne va pas ! Il faut qu’on rentre en nous-mêmes, parce que nous avons des ressources que nous ne soupçonnons pas. Nous pouvons redresser la barre, mais pour cela, il nous faut aller au fond de nous. Il faut que le chef sache qu’en Côte d’Ivoire il y a des personnes qui ne sont pas chefs, mais qui ont de la lumière.

Fologo n’est pas représentatif de la Côte d’Ivoire
C’est le droit de Gbagbo de ne pas aller à Nice, mais qu’il représente la Côte d’Ivoire autrement, dans la subtilité, dans l’élégance. Je n’ai rien contre la personne de Fologo, mais il n’est pas représentatif de la Côte d’Ivoire à une conférence de chefs d’Etats. Les Français l’ont laissé faire, en disant « ce n’est pas grave », où « Gbagbo a-t- il perdu la boussole ? ». Sarkozy peut dire que nous sommes parentés dans l’histoire, mais ses grands parents ont colonisé la Côte d’Ivoire pendant plus de 80 ans. Ils connaissent donc la Côte d’Ivoire plus que n’importe quel chef d’Etat ivoirien. Il faut composer avec celui qui connaît ton pays plus que toi. Les multinationales françaises contrôlent la Côte d’Ivoire. Je ne dis pas que c’est leur chose, mais il faut savoir ce qu’on met dans l’indépendance économique. Quand vous vous attaquez à des multinationales qui font le tiers de votre budget national, il faut bien réfléchir. Après les événements de 2004, elles sont parties, mais elles sont revenues. Si ces sociétés avaient fermé aucun de leurs salariés, ne seraient payés. Il faut compter avec cette réalité, en faisant preuve de subtilité, d’humilité, de tact, de discrétion et de méthodologie pour gérer la crise ivoirienne.

La responsabilité des guides religieux
En tant que religieux, chacun joue sa partition. Nos dignitaires religieux font autant de déclarations politiques que les politiques n’en font dans la religion. On ne sait plus à quel Saint se vouer. L’Eglise parle, la Mosquée parle, les Temples parlent… Il y a tellement de choses dans le chapelet politique qu’on ne sait plus où se trouve la vérité. Cela est extrêmement grave. Même si les religieux constatent des travers, les messages peuvent passer aux fidèles sans faire la une des journaux. Les unes des journaux doivent être occupées par Marcoussis. Le gouvernement se réunit à Yamoussoukro et au lieu que ce soit le président de la CEI qui annonce la date des élections, c’est le Premier ministre qui le fait. Si le Premier ministre l’a fait, c’est que c’est Marcoussis qui a annoncé la date des élections, ce qui veut dire que Marcoussis contrôle la situation.

Inviter Gbagbo à la rupture du carême à la mosquée est démagogique
Notre responsabilité de religieux est engagée, nous sommes plus responsables que les politiques. Ce n’est pas tout de crier nos vérités sur la place publique, mais sachons dire la vérité qu’il faut dans le secret de notre foi. Ne faisons pas de la dotation de sucre et de riz, une publicité. Inviter Gbagbo à la rupture du carême à la mosquée est démagogique, parce que ce n’est pas sa religion. Il faut arrêter de tels comportements, même si vous estimez, comme Koudous l’a dit, que « Gbagbo a fait plus que Houphouët et Bédié pour les musulmans ». Hier, c’était lui Koudous et Fofana qui étaient aux bras de Gbagbo en train de leur lire un passage biblique pour les réconcilier à Yamoussoukro. Je leur ai écrit une lettre ouverte, dans laquelle j’ai dit que leur réconciliation est bancale, parce qu’ils ont trahi leur religion. Gbagbo ne peut pas les réconcilier, parce que les paramètres de la réconciliation islamique ne sont pas ceux du prophète Isaïe, ni de Gbagbo. L’islam n’est pas un processus de réconciliation. L’Islam, c’est la paix.

La lecture que je fais du 31 octobre 2010
C’est difficile pour un homme qui n’a pas la lecture politique, de déceler l’embuscade de l’inconnu. La preuve aujourd’hui, c’est la rébellion qui demande au gouvernement qu’on a contesté, des milliards de FCFA pour l’encasernement. Pourtant de l’autre côté, il n’y a pas l’unicité des caisses, des centaines de millions de FCFA sortent de nos matières premières pour aller dans les pays voisins. La bêtise est énorme, à tel point que les Occidentaux qui nous regardent s’amusent. Il n’est pas digne pour un soufi de faire une lecture de son immédiat, à plus forte raison aller dans l’inconnu. Nous demandons à Dieu de faire en sorte que les élections ivoiriennes se passent selon son agrément divin, que ce soit le 31 octobre 2010 ou à une autre date. Plusieurs dates ont été reportées, ce sont des ignorants qui ont donné des dates, parce que personne ne songe au maître divin qui contrôle tout. Les gens pensent que parce qu’ils ont le pouvoir, la télévision, demain sera pareil. Mais non ! Humilité-Divinité, Humilité-Humilité, Sobriété-Sobriété. Je demande aux Occidentaux de jouer leur partition. Qu’ils le veuillent ou non, la Côte d’Ivoire est un pays du monde. Avec l’ Occident, avec l’argent ou non, la Côte d’Ivoire existe et demeure.

L’attitude de Camille Aliali
Quand je vois Camille Aliali avec Banny, en train de faire une réconciliation, je me demande bien d’où il vient. D’où sort-il subitement pour réconcilier ceux qui ont animé l’action, depuis que Banny a quitté ses fonctions de Premier ministre ? Est-ce qu’il a protégé Banny pour que Soro ne soit pas Premier ministre?

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Olivier Dion

Source: L'Intelligent d'Abidjan 

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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 22:14
PHOTO-MKOKO-copie-2.jpgL'interview de Seth Koko dans l'émission débat "RAS LE BOL" depuis Seattle Washington USA
Pour écouter l'Interview: cliquez sur le lien ci-dessous
http://www.africasbeat.com/raslebol-inte...-12-09.wma
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  • : de Seth KOKO
  • de Seth KOKO
  • : Homme de paix et de vérité, Auteur du projet du Dialogue Direct inter-Ivoirien qui a ramené la paix en Côte d'Ivoire entre 2006 et 2010, stratège diplomatique de formation. Il a longtemps œuvré dans une diplomatie discrète au profit de l'ancien chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo à qui il finit par s'opposer. Il fut Leader d'opinion pour la défense des droits des populations de 2009 à 2012. Seth koko développe désormais ses affaires dans le secteur de l'Investissement
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